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Me Neelkanth Dulloo, avocat de la doctoresse : «Il y a un problème de procédures»

Me Neelkanth Dulloo, avocat de la doctoresse : «Il y a un problème de procédures»


Même l’avocat de la doctoresse, Me Neelkanth Dulloo, concède qu’il y a des failles dans les procédures d’octroi de certificats de décès. C’est aussi l’avis des Dr Harrish Reesaul et Satish Boolell. Tous sont intervenus sur Radio Plus, le mardi 17 novembre 2020.

Des interrogations subsistent sur le rôle joué par le Dr Nesha Soobhug dans le cas du décès du petit Ayaan Ramdoo, deux ans. Elle est accusée d’avoir certifié que l’enfant est mort de cause naturelle sans examiner sa dépouille. Dans l’émission Au Cœur de l’Info sur Radio Plus et sur la page Facebook du defimedia.info, le mardi 17 novembre 2020, les journalistes Élodie Domun et Jean-Luc Émile sont revenus avec leurs invités sur la responsabilité d’un médecin qui octroie un certificat médical. 

Me Neelkanth Dulloo, avocat de Nesha Soobhug, rappelle que l’enquête est en cours et qu’il ne peut donc pas en dire plus. « L’enquête doit déterminer les implications d’autres personnes. Il y a un problème de procédures. Il faut que les médecins du privé ne puissent plus délivrer des certificats de décès. Ils n’ont pas toujours les moyens et compétences de détecter des crimes. Je ne peux pas donner mon opinion sur le fait qu’un médecin du privé vienne à l’hôpital pour certifier un décès », dit-il.

Le Dr Harrish Reesaul, neurologue et membre du Medical Council, indique qu’il faut déterminer si le médecin de l’hôpital qui a été le premier à consulter l’enfant a référé le cas au Police Medical Officer (PMO). Il précise que, selon la procédure normale, après que le cas a été référé au PMO, une autopsie est effectuée et la famille ne peut reprendre le corps. « Oui, il y aurait donc eu une défaillance », concède le Dr Harrish Reesaul. Il ajoute : « Un certificat de décès est délivré après un examen approfondi. Il y a ensuite un document à remplir avec de nombreuses informations sur ses antécédents médicaux. Si un médecin du public ou du privé a une bonne expérience, surtout si le décédé est son patient, il peut certifier le décès. S’il estime que c’est un crime, il doit référer le cas au PMO », souligne-t-il. 

Me Neelkanth Dulloo concède qu’il y a à Maurice « une culture de petits arrangements ». « Des officiers de la Child Development Unit (CDU) sont frustrés et des tribunaux sont débordés », clame l’avocat.

Le Dr Satish Boolell, ancien médecin légiste, estime que chaque médecin doit traiter le décès d’un enfant avec suspicion. « Il faut voir s’il y a des blessures récentes et anciennes. Ensuite, il faut déterminer si l’enfant est mal nourri et si son hygiène est correcte. Il faut chercher des marques aux endroits où les coups sont habituellement portés. Le médecin doit aussi se poser des questions si la famille est pressée. Il faut aussi savoir quel médecin a suivi l’enfant. Des parents qui battent leurs enfants changent régulièrement de médecins et de centres de santé. Si un médecin traitant connaît la maladie d’un patient, on peut comprendre qu’il n’y a pas de consultation. Mais, dans d’autres cas, il faut un examen complet. Il faut se méfier des gens qui veulent vous donner de l’argent. Trop souvent, il y a eu des cas où nous avons eu des informations de maltraitance et il a fallu aller chercher le corps pendant la veillée mortuaire alors que le certificat de décès avait déjà été dressé », lance le Dr Satish Boolell.

L’ex-médecin légiste se dit contre la proposition de Me Neelkanth Dulloo d’interdire aux médecins du privé d’établir des certificats de décès. Le Dr Satish Boolell est pour une augmentation des pouvoirs du Medical Council et pour une révision du système. « Il faut créer un protocole d’examen des corps. Certifier la mort est aussi difficile que de diagnostiquer une maladie. Lors de décès, des politiciens appellent les médecins pour qu’ils apportent leur aide, mais en cas de problème ils ne sont plus là ». 

Ishaq Jowahir, vice-président de la Private Medical Practitioners Association, explique que des médecins du privé certifient des décès depuis longtemps. « Nous ne pouvons blâmer le corps médical pour un cas. La responsabilité des deux autres médecins qui ont consulté le corps avant la Dr Nesha Soobhug est engagée. Il faut aussi savoir comment la famille a pu récupérer le corps. L’association a proposé des amendements au ministère de la Santé et au Medical Council. Le prix du certificat est établi entre le médecin et le patient », souligne-t-il. 

En fin d’émission, Me Neelkanth Dulloo a modifié sa proposition. Il propose que seuls les médecins du privé comptant au moins 10 ans d’expérience puissent dresser des certificats de décès.





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